
La Banque de réserve d’Australie (RBA) annoncera sa décision de politique monétaire mardi et devrait, selon un large consensus, relever son taux directeur (Official Cash Rate, OCR) de 25 points de base, de 4,6 % à 4,85 %. Si la RBA agit comme prévu, il s’agira de la cinquième hausse de taux de 2026, et l’OCR atteindra son plus haut niveau depuis 18 ans.

La décision sera annoncée à 03 h 30 GMT, accompagnée du communiqué de politique monétaire, puis suivie de la conférence de presse de la gouverneure de la RBA, Michele Bullock, à 04 h 30 GMT.
Avant l’annonce, le dollar australien (AUD) peine à se maintenir au seuil de 0,7000 face au dollar américain (USD).
La persistance des pressions inflationnistes explique les hausses de taux en 2026, et l’Australie ne fait pas exception. De fait, la RBA a relevé l’OCR pour la première fois en février, avant que la guerre au Moyen-Orient ne touche les prix mondiaux de l’énergie. Comme indiqué précédemment, la banque centrale a déjà procédé à quatre hausses. Pourtant, selon les dernières données disponibles, le taux d’inflation annuel de l’Australie s’établissait à 3,9 % au troisième trimestre, bien au-dessus de la cible de 2 à 3 % de la banque centrale. De plus, l’indicateur privilégié par la RBA, l’indice des prix à la consommation (IPC) sous-jacent calculé selon la moyenne tronquée, a accéléré à 3,7 % sur un an, contre 3,6 % au deuxième trimestre.
Récemment auditionnée au Parlement, la gouverneure de la RBA, Michele Bullock, a déclaré : « Certains des risques haussiers pesant sur l’inflation, à l’échelle internationale et nationale, se sont concrétisés ou sont en train de se concrétiser. »
« Il est important pour l’économie que l’inflation ne s’écarte pas trop longtemps de la cible, a ajouté Michele Bullock, car elle risque alors de s’ancrer dans les anticipations d’inflation, ce qui se répercute sur les décisions de fixation des prix et des salaires. »
L’inflation élevée et les propos de Michele Bullock plaident clairement en faveur d’une hausse des taux lors de la réunion du conseil. Toutefois, cette hausse étant déjà intégrée dans les cours, l’attention se portera sur la conférence de presse de la gouverneure et sur les éventuels indices qu’elle donnera concernant la suite de la politique monétaire. Michele Bullock devrait conserver un ton restrictif et laisser la porte ouverte à de nouvelles hausses, soutenant ainsi l’AUD.
Si la RBA procède à la hausse de taux attendue de 25 points de base, le dollar australien devrait trouver un soutien à court terme, même si ses gains dépendront du degré de fermeté du communiqué et des propos de la gouverneure Bullock. Une hausse plus importante que prévu pourrait déclencher une progression de l’AUD à court terme, favorisée par l’appétit pour le risque observé avant l’annonce et par la faiblesse du billet vert. Un maintien des taux est peu probable, mais une telle décision provoquerait une chute de l’AUD.
Valeria Bednarik, analyste en chef chez FXStreet, souligne : « D’un point de vue technique, la paire AUD/USD risque de reculer. Sur le graphique journalier, la paire s’est heurtée en début de semaine à une moyenne mobile simple (SMA) à 100 jours horizontale, située autour de 0,7030, qui constitue la résistance immédiate. Vient ensuite le sommet de la semaine dernière à 0,7067, la SMA à 200 jours se situant quelques pips sous ce niveau et attirant elle aussi les vendeurs. Sur ce même graphique, les indicateurs techniques s’orientent à la baisse tout en restant au-dessus de leurs lignes médianes, ce qui reflète la faiblesse actuelle sans toutefois annoncer un recul plus marqué à venir. »
Valeria Bednarik ajoute : « Un passage sous 0,6990 déclencherait probablement de nouvelles baisses, les acheteurs étant alors plus enclins à abandonner leurs positions. Le repli pourrait ainsi se prolonger vers la zone de 0,6640. À l’inverse, une progression soutenue au-delà de 0,7070 pourrait permettre à la paire de reconquérir le seuil de 0,7100. »
L’un des facteurs les plus importants pour le dollar australien (AUD) est le niveau des taux d’intérêt fixés par la Banque de réserve d’Australie (RBA). L’Australie étant un pays riche en ressources naturelles, le prix de son principal produit d’exportation, le minerai de fer, constitue un autre déterminant majeur. La santé de l’économie chinoise, son premier partenaire commercial, joue également un rôle, tout comme l’inflation en Australie, son taux de croissance et sa balance commerciale. Le sentiment de marché, selon que les investisseurs privilégient les actifs plus risqués ou recherchent des valeurs refuges, est aussi un facteur déterminant, l’appétit pour le risque étant favorable à l’AUD.
La Banque de réserve d’Australie (RBA) influence le dollar australien (AUD) en fixant le taux d’intérêt auquel les banques australiennes peuvent se prêter entre elles. Ce taux influe sur les taux d’intérêt dans l’ensemble de l’économie. Le principal objectif de la RBA est de maintenir un taux d’inflation stable entre 2 et 3 % en ajustant les taux d’intérêt à la hausse ou à la baisse. Des taux relativement élevés par rapport à ceux des autres grandes banques centrales soutiennent l’AUD, tandis que des taux relativement bas ont l’effet inverse. La RBA peut également recourir à l’assouplissement et au resserrement quantitatifs pour agir sur les conditions de crédit, le premier étant défavorable à l’AUD et le second favorable.
La Chine étant le premier partenaire commercial de l’Australie, la santé de son économie exerce une influence majeure sur la valeur du dollar australien (AUD). Lorsque l’économie chinoise se porte bien, elle achète davantage de matières premières, de biens et de services à l’Australie, ce qui stimule la demande d’AUD et fait monter sa valeur. L’inverse se produit lorsque la croissance de l’économie chinoise est moins rapide que prévu. Les surprises positives ou négatives dans les données de croissance chinoises ont donc souvent un impact direct sur le dollar australien et les paires de devises qui l’incluent.
Le minerai de fer est le principal produit d’exportation de l’Australie, représentant 118 milliards de dollars par an selon les données de 2021, la Chine en étant la première destination. Son prix peut donc influencer le dollar australien. En général, lorsque le prix du minerai de fer augmente, l’AUD progresse également, car la demande globale pour la devise s’accroît. L’inverse se produit lorsque le prix du minerai de fer baisse. Des prix plus élevés du minerai de fer tendent aussi à accroître la probabilité d’un excédent commercial en Australie, ce qui est également favorable à l’AUD.
La balance commerciale, qui correspond à la différence entre les recettes qu’un pays tire de ses exportations et ses dépenses d’importation, est un autre facteur susceptible d’influencer la valeur du dollar australien. Si l’Australie exporte des produits très recherchés, sa monnaie s’apprécie du seul fait que la demande des acheteurs étrangers souhaitant acquérir ses exportations dépasse les sommes qu’elle consacre à ses importations. Ainsi, une balance commerciale excédentaire renforce l’AUD, tandis qu’une balance commerciale déficitaire produit l’effet inverse.
La Banque de réserve d’Australie (RBA) annonce sa décision sur les taux d’intérêt à l’issue de chacune de ses huit réunions programmées par an. Si la RBA adopte une position restrictive face aux perspectives d’inflation de l’économie et relève les taux d’intérêt, cela est généralement favorable au dollar australien (AUD). À l’inverse, si la RBA adopte une position accommodante à l’égard de l’économie australienne et maintient les taux d’intérêt inchangés ou les abaisse, cela est perçu comme défavorable à l’AUD.
En savoir plus.Prochaine publication : Mar. 3 nov. 2026 à 03:30
Fréquence : Irrégulière
Consensus : 4,85 %
Valeur précédente : 4,6 %
Source :Banque de réserve d’Australie